Il y a une différence subtile — mais essentielle — entre pousser une personne à changer et créer les conditions dans lesquelles le changement redevient possible.
Cette différence est au cœur de ma manière d’accompagner.
Lorsqu’une personne vient consulter, elle sait parfois déjà ce qu’elle « devrait » faire : arrêter de fumer, retrouver confiance, sortir d’une relation qui ne lui convient plus, moins manger sous l’effet des émotions, prendre une décision, oser parler, changer de travail…
Et pourtant, savoir ne suffit pas toujours à changer, parce que nous ne sommes pas des machines auxquelles il suffirait d'indiquer une nouvelle direction, mais des êtres complexes en recherche de sens.
Le changement ne se décrète pas
« Il faut que tu changes. »
Cette injonction part souvent d’une bonne intention. Mais elle peut paradoxalement renforcer ce qui empêche le changement : la résistance, la culpabilité, le sentiment d’échec ou l’impression de ne pas être à la hauteur.
À l’inverse, accompagner consiste parfois à cesser de pousser.
Créer un espace suffisamment sécurisant pour que la personne puisse écouter ce qui se passe en elle, regarder autrement ce qu’elle vit et retrouver sa capacité à choisir.
Le changement n’est alors plus quelque chose que l’on impose, mais quelque chose qui peut émerger.
Et si le doute avait quelque chose à nous apprendre ?
Nous avons souvent une relation inconfortable avec le doute. Nous aimerions être certains. Certains de notre décision, de notre couple, de notre orientation professionnelle, de notre capacité à réussir, de la bonne direction à prendre. Alors nous cherchons rapidement des réponses.
Pourtant, le doute n’est pas nécessairement un obstacle au changement.
Il peut être un compagnon de voyage. Il nous oblige à ralentir, à questionner nos évidences, à envisager d’autres perspectives. Douter, ce n’est pas forcément être perdu. C’est parfois être en train de chercher. Et cette recherche peut ouvrir des possibilités que nous ne percevions pas encore.
En hypnose, je ne cherche pas à convaincre
C’est aussi ce qui me plaît dans l’hypnose. Je ne demande pas à une personne de croire qu’elle va changer. Je ne cherche pas à lui imposer une nouvelle façon de penser. Je l’invite plutôt à expérimenter, à observer ce qui se passe lorsqu’elle porte son attention ailleurs. Lorsqu’elle envisage une autre possibilité. Lorsqu’elle se reconnecte à des ressources qu’elle avait peut-être cessé de percevoir.
L’hypnose peut ainsi devenir un espace où l’on n’a pas besoin de savoir à l’avance comment le changement va se produire. On peut simplement commencer à explorer.
Créer les conditions plutôt que forcer le mouvement
Accompagner, c’est parfois savoir attendre. C’est entendre ce qui résiste sans chercher immédiatement à le faire disparaître. C’est accueillir l’ambivalence : une partie de soi veut avancer, une autre a peur. Une partie veut changer, une autre tient à ce qui existe déjà.
Cette ambivalence n’est pas un problème à résoudre, c’est une information précieuse. Car derrière une résistance se trouve parfois une fonction, une protection, une histoire, une peur ou simplement un besoin qui n’a pas encore trouvé sa place.
Alors plutôt que de demander :
« Comment faire pour que cette personne change ? »
on peut se demander :
« De quoi cette personne aurait-elle besoin pour que le changement redevienne possible ? »
La question transforme complètement la posture d’accompagnement.
Le changement appartient à la personne : c’est peut-être là que se trouve l’essentiel.
Un thérapeute, un coach, un proche ou un professionnel de santé peut créer un cadre, poser des questions, apporter des outils, ouvrir des perspectives.
Mais il ne peut pas changer à la place de l’autre. Le véritable changement ne se produit pas parce que quelqu’un nous a convaincus. Il se produit lorsque quelque chose, en nous, devient suffisamment disponible pour envisager autrement ce qui semblait jusque-là impossible. Parfois, cela commence par une décision. Parfois par une émotion. Parfois par une prise de conscience. Et parfois simplement par une question :
« Et si une autre possibilité existait ? »
Le doute cesse alors d’être l’ennemi. Il devient une ouverture. Un espace entre ce qui n’est plus tout à fait juste et ce qui n’est pas encore là.
Et c’est souvent dans cet espace que le changement commence. Mon cabinet à Bordeaux peut-être cet espace, si vous le souhaitez. Soyez-y bienvenu !